Notre histoire

Le néant. Le vent balayant d’étranges graminées. Le froid vif. La pureté de l’air, une barrière montagneuse à l’horizon. Ce sont les premiers souvenirs que j’ai de notre terrain. Tout de suite je me suis senti à ma place. Avec des envies mégalomanes, y faire pousser une forêt, produire des huiles essentielles, dans une terre inconnue, un climat si inhospitalier. Le défi était lancé. C’était en 2003.

Des sacrifices

construction

Un mélange de jubilation, de déception, de drames parfois, beaucoup de sueur, des larmes, des rires, une vie, un choix de vie pour ma famille et moi-même. Plusieurs fois nous avons voulu tout arrêter, mais une voix intérieure m’a toujours poussé à continuer. Nous avons dû faire beaucoup de sacrifices. Des séparations parfois longues pour venir travailler en France et alimenter financièrement le projet. Cette terre inculte qui peu à peu s’est remise à vivre .Ces arbres qui désormais nous procurent de l’ombre, nous abritent du soleil brûlant des hautes terres. Le chemin fut long.

puits

La première étape fut la construction de notre petite maison de planteur, la réfection de la maison de notre gardien et de sa famille. La seconde étape fut le creusement de puits. Mon obsession étant l’eau, 24 au total furent creusés sur plusieurs années, à des profondeurs très variables, entre 12 et 4 mètres de profondeur, une nappe phréatique quelque peu capricieuse. La réfection de la route nous a permis en 2006 un accès en voiture, nous évitant de parcourir à pied les 2,5 kilomètres nous séparant de la Nationale 7 sur une piste totalement impraticable. Ce fut un changement de vie radical, un certain confort s’installait. Nous pouvions mettre en place plus facilement nos plantations, amener les divers arbres glanés dans différentes pépinières, ainsi que toutes mes plantes cultivées à quelque lieues de là.

2008 fut une année de grand bouleversement. Notre petite maison isolée fut pillée, saccagée nous ne nous y trouvions pas heureusement, mais le traumatisme fut grand, fini l’insouciance. Nous dûmes louer une maison en ville, plus sécurisée, assurer notre propre sécurité, ce que nous continuons de faire à l’heure actuelle. La plantation des ravintsara commença en 2006 pour s’étaler sur deux ans. Le premier hiver austral en décima la moitié, dur apprentissage.

canaux

Depuis désormais 5 ans nous multiplions, divisons des pieds de vétiver, creusons des canaux afin de les planter pour couper le vent, fixer la terre arable et assurer un approvisionnement en paille de qualité. Nous continuons petit à petit cette technique, mais désormais nous y associons une plante que je qualifierai de « magique » : l’arachis pintoï, de la famille des fabacées. Elle fixe l’azote de l’air dans le sol, assure une couverture végétale dense, ce qui permet une lutte efficace contre l’implantation de plantes néfastes. Elle pousse très doucement sur les hauts plateaux, pour l’instant les parcelles cultivées sont peu nombreuses, mais dès cette fin d’année 2013, nous nous lançons sur une surface de plantation d’environ 6000 m², grand projet de l’année ! Beaucoup de travail en perspective pour cette saison des pluies à venir. Nous allons de plus l’associer à la culture de plante vivrières, maïs, riz, haricot, soja, en vue d’améliorer la vie de nos employés, particulièrement de notre gardien, à nos cotés depuis 8 ans. Nous verrons si cette technique porte ses fruits. La terre ne ment pas. Mais pour mettre en place des projets de cette ampleur, même si la taille de notre terrain reste modeste, trois hectares, il faut des moyens, vivre parallèlement en attendant d’hypothétiques récoltes.

plantation ravintsara

Le ravintsara commence à produire assez de feuille pour être distillé au bout de 4 ans, Ce qui est évidemment très stressant pour l’ arbre puisqu’il s’agit d’un effeuillage quasi complet. Après plusieurs tentatives, location d’alambic, vente sur le marché local, nous avons pris conscience que ce mode de distribution n’était pas viable. Mais L’entêtement a parfois du bon. Lors d’une venue à Paris en 2012, j’ai recroisé le chemin d’Olivier Behra qui m’a proposé de travailler avec lui. Vendre mon huile en France, bénéficier de son label, de leur savoir faire et par la même de distribuer ici, en vente directe, trois de ses huiles exceptionnelles à tous les égards.

Vous trouverez sur le site de « l’homme et l’environnement » , les réalisations, le travail pharaonique déjà accompli. Olivier et moi avons un but en commun, préserver la Création. Le travail est colossal mais nous avons beaucoup appris de nos erreurs et de nos réussites. Reconstituer une couverture forestière tout en nourrissant la population d’une façon équilibrée et en abondance. Le but de toute personne sur cette terre est de laisser une trace de son passage. Pourquoi pas une forêt au parfum camphré ?

— Patrice Lacoste - Fondateur